Résidence Gabriel Fauré

Lieu : St Martin d’hères (38)

Concours

CROUS - résidence Gabriel Fauré

Le Campus à l’américaine de la métropole grenobloise est un vaste poumon vert lové dans un méandre de l’Isère. La qualité paysagère d’exception a été reconnue par le label Patrimoine du XXe siècle.

La Charte pour la valorisation du patrimoine architectural, urbain et paysager du Campus, renforce la nécessité de cadrer toute nouvelle intervention de telle sorte que les atouts et les qualités du projet initial reste transgénérationnel.

Le principal enjeu urbain de la rénovation de la Résidence Gabriel Fauré se trouve justement être la mise en valeur du paysage qui l’entoure en renforçant le contraste et la pureté des lignes du bâti hérités des années 60.

Le parti architectural

Les choix qui ont présidé au plan masse de la résidence sont d’une élégante simplicité, deux équerres symétriques se faisant face et glissant sur un socle.

Nous proposons de favoriser la lecture de ces deux équerres en exprimant leurs contours et en accentuant la perception du socle.

Ce dernier sera assombri pour se fondre avec le sol, les boîtes « équerres », elles, seront épurées et éclaircies pour mieux accueillir la lumière naturelle.

Les escaliers nécessaires en pignon sont mis en scène comme de grandes « agrafes » verticales qui se retournent en toiture pour tenir chaque extrémité des équerres, et permettre l’accès technique des toits-terrasses. Ces escaliers métalliques sont habillés de métal micro perforé et de claustras bois qui en allègent l’expression, tout en habillant élégamment la rudesse des pignons existants.

Nous proposons de sérigraphier le nouveau pignon de l’entrée principale avec le portrait noir et blanc du compositeur Gabriel Fauré en guise de signalétique, et comme marqueur de l’identité renouvelée de la Résidence. La relation générale des volumes entre eux et leur rapport avec le parc sont ainsi clarifiés et épurés. Les façades sont l’expression du plan et des petites chambres de l’époque. Dans notre proposition elles deviennent actives. Leurs larges bandeaux vitrés se déplacent au nu de l’isolant extérieur pour aller chercher la lumière, supprimer les ponts thermiques et surtout agrandir le volume habitable des chambres. La chaleur des menuiseries bois naturel vient adoucir le contact et assure une transition idéale vers les frondaisons du Campus-parc. Chaque chambre, en fonction de son orientation, reçoit un brise soleil en aluminium naturel qui protègera de la surchauffe et donnera aux façades concernées le relief, les jeux d’ombres, de lumière et de reflets qui animeront l’ensemble avec des perceptions changeantes en fonction des heures de la journée.

Le parti paysager

Le traitement paysager des abords de la Résidence Gabriel Fauré est en accord avec la philosophie du Campus-parc à l’américaine : aucune barrière végétale, forte intégration des espaces engazonnés, diminution des espaces minéralisés et harmonisation avec les essences d’arbres et plantations existantes.

L’entrée est marquée par un parvis en béton lissé.  Le pourtour du bâtiment a été avec  une alternance de béton lissé et de stabilisé avec bordures bois.

Les végétaux existants sont conservés et agrémentés d’arbustes à fleurs blanches et bleues, (type Viburnum, hortensia et Perowskia) et de petits arbres en cépées, (type érables ou arbres de Judée). L’ensemble apporte aux lieux une touche de modernité, tout en protégeant le pied des façades et l’intimité des lieux.